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Jacob Kern

Geras (Autriche)
Fête le 20 octobre

L’existence terrestre de Jacot Kern fut particulièrement brève: à peine vingt-sept ans. Quelques années suffirent pour faire parvenir ce jeune Prémontré autrichien à la sainteté. Né le 11 avril 1897 au sein d’une famille profondément catholique, le jeune Franz Alexander sentit très tôt l’appel de Dieu à devenir prêtre, et entra dès l’âge de onze ans au petit séminaire de Hollabrunn. Là, devant le Saint-Sacrement, il apprend que l’amour authentique se manifeste avant tout dans le sacrifice et le renoncement volontaire. Appartenir totalement à Dieu, voilà sa conviction, lorsque la Première Guerre mondiale le contraint à laisser Hollabrunn, le 15 octobre 1915, pour se diriger vers Salzbourg où il doit suivre une formation d’officier.
Deux mois plus tard, le 1 janvier 1916, homme du 59e régiment d’infanterie, Franz qui jouissait d’une excellente santé, veille devant le Saint-Sacrement et demande au Christ le courage de beaucoup souffrir pour Lui. Il sera exaucé sans retard. Transféré au 4e Régiment impérial tyrolien, il rejoint le front du Sud-Tyrol où se trouve la garnison Schlanders, sur les hauteurs de Vingschgau. Le 11 septembre, blessé par un coup de feu qui atteint le foie et les poumons, il prend conscience, selon sa propres expression, que sa “semaine sainte” commence.

Libéré de l’armée, il rejoint le grand séminaire de Vienne et, malgré la fragilité de son état de santé, se consacre à ses études. En 1918, l’empire austro-hongrois se décompose, la Tchécolslovaquie devient indépendante. Une nouvelle terrible lui arrive de ce pays: le chanoine Zahradnik, de l’abbaye de Strahov, vient de défroquer, entraînant à sa suite d’autres prêtres. Frantz se sent appelé à réparer par son don personnel les trahisons qui blessent et humilient l’Église: en 1920, il entre chez les Prémontrés de l’abbaye de Geras, à quelques kilomètres de la frontière tchécoslovaque, et reçoit le nom de Jacob. Le 23 juillet 1922, il est ordonné prêtre et voit en cette journée son “dimanche des Rameaux”.

Un an plus tard, son état de santé s’aggrave: un suintement purulent dans la poitrine le contraint à l’hospitalisation à Hollabrunn. Le 10 août 1923, le voici entre les mains des chirurgiens qui lui enlèvent quatre côtes sous anesthésie locale. Une religieuse qui a assisté à l’opération rapportait qu’elle avait gardé un souvenir ineffaçable de cette intervention. Elle lui avait donné un mouchoir blanc à serrer entre les dents pour l’aider à supporter la douleur: les dents avaient déchiré le mouchoir.

Après un temps de repos, Jacob se donne de toutes ses forces à l’apostolat, surtout à la prédication. Il monte en chaire dans l’église abbatiale de Geras, pour la dernière fois, le 20 juillet 1924. Au mois de septembre, la blessure est à nouveau infectée et il doit à nouveau se soumettre à l’ablation de quatre autres côtes. À peine remis de cette intervention, il doit se soumettre à une troisième. Au fut et à mesure qu’il atteint le sommet de son calvaire, il se transforme en offrande totalement abandonné à son Dieu. Un vide spirituel l’envahit, il ne trouve plus de consolation dans l’eucharistie, mais il réagit vivement, considérant cette ultime épreuve comme le sceau de son sacrifice. Le 20 octobre, Jacob aurait dû faire sa profession solennelle, mais cette offrande il ne la ferait pas sur terre. Soumis à une nouvelle intervention chirurgicale à l’hôpital général de Vienne, il expire durant l’opération.

 

 

 
   

Les Prémontrés de Saint-Constant
Québec, Canada
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